Nouveau roman · Ian Giroux

Le Serment des Masques

Un thriller psychologique en huis clos, le temps d'une nuit d'Halloween. À lire d'une traite, les lumières allumées.

Couverture du roman Le Serment des Masques, de Ian Giroux
Thriller · Nuit d'Halloween
« Ce qui se passe sous le masque reste sous le masque. »

Dix ans après la mort de Dylan Marsh, Cole Kessler revient à Blackridge Hollow pour la réunion des anciens d'Omega Rho Chi. Une tempête coupe la route, le courant et les téléphones. Tout le monde est déguisé. Personne ne repart avant le matin. Puis on découvre le premier corps.

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Une seule nuit. Un silence vieux de dix ans.

C'est la nuit d'Halloween. Une tempête isole l'ancienne maison de la fraternité. Cole était le pledge master, celui qui avait organisé l'épreuve il y a dix ans. Il sait mieux que quiconque ce que ces murs ont déjà vu, et ce que chacun a promis d'y taire.

Entre un meilleur ami qui sent le sol se dérober, des visages familiers qui le regardent un peu trop longtemps et une vérité qui refuse de rester enterrée, Cole n'a plus qu'une certitude : cette nuit, quelqu'un compte les secrets, et personne n'en sortira sans avoir payé le sien.

Un huis clos brut

Une maison coupée du monde, des invités masqués, et personne qui peut partir.

Se lit en une soirée

50 chapitres courts, environ 22 000 mots : le format idéal pour la nuit d'Halloween.

Un suspense psychologique

La peur vient moins de la tempête que de ce que chacun cache depuis dix ans.

Dédicacé, signé, à offrir

Votre exemplaire porte votre prénom, un mot de l'auteur et sa signature. Idéal comme cadeau d'Halloween.

Écrit au Québec

Par Ian Giroux, auteur indépendant de Sans Préavis et Protocole Axiom.

Lisez le premier chapitre

Chapitre 1

Dix ans. Dix ans que j’avais pas repris cette route-là, et pourtant mes mains la connaissaient encore — chaque nid-de-poule, chaque courbe trop serrée où les gars de mon année finissaient dans le fossé après trois bières de trop. La radio crachait un avis de tempête entre deux chansons country que personne n’écoutait vraiment. Système hivernal précoce. Chutes de température abruptes. Restez chez vous ce soir. Merci pour le conseil. J’étais déjà en route.

Le brouillard commençait vers le vieux pont de fer, comme toujours — une frontière invisible entre le monde normal et Blackridge Hollow, comme si le village avait négocié sa propre bulle météo avec quelqu’un de plus haut placé. Les arbres n’avaient plus de feuilles. Juste des squelettes noirs qui griffaient un ciel couleur de cendre mouillée. J’ai allumé mes phares plus tôt que nécessaire. Pas pour voir la route. Pour me convaincre que j’avançais encore vers quelque chose, et pas juste en train de reculer dans le temps à quatre-vingts kilomètres à l’heure.

Je m’étais promis — vraiment promis, du genre qu’on se fait à soi-même en conduisant seul à trois heures du matin, ivre de fatigue plus que d’alcool — de jamais revenir ici. Et puis Tucker avait appelé. Sa voix, ce ton faussement léger qu’il prend quand quelque chose le ronge de l’intérieur. Réunion annuelle, mon gars. Comme d’habitude. Ça va être bizarre si t’es pas là. Bizarre. Il avait dit bizarre. Comme si l’absence était plus étrange que la présence, dans une maison où un gamin de dix-neuf ans était mort parce que j’avais eu besoin, moi, de prouver quelque chose à des hommes qui m’oublieraient une semaine après avoir obtenu leur diplôme.

J’ai pas dit non. J’ai jamais su dire non à Tucker. C’est probablement pour ça qu’on en est là.

La ville elle-même — si on peut appeler ça une ville, trois rues et une station-service qui vend encore de l’essence à la pompe manuelle — n’avait pas changé. Le genre d’endroit où le temps s’arrête pas vraiment, il fait juste semblant d’avancer pour que les habitants aient l’impression de vieillir normalement. J’ai croisé le bureau du shérif. Toujours la même peinture écaillée sur l’enseigne. Toujours cette lumière jaune sale au-dessus de la porte, allumée en plein jour comme si quelqu’un avait oublié qu’elle existait.

Passé le village, la route grimpe. Les fermes s’espacent. Les citrouilles apparaissent sur les vérandas — certaines sculptées avec soin, d’autres juste posées là, pourries de l’intérieur, comme si personne n’avait eu le courage de les jeter une fois la fête finie. Ça m’a frappé, cette image. Une citrouille pourrie qu’on garde par habitude. Ça collait un peu trop bien avec ce que j’étais venu faire.

La maison Omega Rho Chi se trouve tout au bout d’un chemin de gravier que l’université a officiellement fermé au public — panneaux “Propriété privée — Accès interdit” plantés tous les cent mètres, comme si répéter l’interdiction suffisait à empêcher une bande d’anciens nostalgiques et alcoolisés de revenir chaque 31 octobre depuis dix ans. L’université avait dissous le chapitre. L’université avait aussi, à sa manière, fermé les yeux sur le fait qu’on continuait de s’y retrouver. Tant que ça restait discret. Tant que personne n’en parlait.

Personne n’en parlait jamais.

J’ai coupé le moteur au bout de l’allée, avant le dernier virage, et je suis resté assis une minute — les deux mains sur le volant, le genre de pause qu’on s’accorde avant de faire quelque chose qu’on sait déjà être une erreur. Le brouillard collait aux vitres. Quelque part au loin, un chien aboyait, ou peut-être que c’était juste le vent dans les branches mortes. Difficile à dire, dans ce coin-là. Tout finit par ressembler à autre chose.

Je m’attendais à trouver la maison noire. Vide. Le genre de silhouette qu’on associe aux endroits qu’on préfère oublier — volets fermés, porche affaissé, le porche où Dylan riait encore, cette dernière semaine, avant que plus rien ne soit drôle pour personne.

Au lieu de ça, j’ai vu une lumière.

Une seule fenêtre, au deuxième étage. Chaude. Orangée. Allumée comme si quelqu’un vivait là depuis toujours, comme si les dix dernières années n’avaient été qu’une longue absence de ma part plutôt qu’un abandon collectif.

J’ai repensé à ce que Tucker m’avait dit au téléphone. Comme d’habitude.

Sauf que rien, dans cette maison, n’avait jamais été comme d’habitude. Pas depuis cette nuit-là.

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