Il y a des séries qu'on peut recommander sans avoir besoin d'être d'accord avec elles. Conversations avec Dieu de Neale Donald Walsch, j'en ai lu les quatre tomes, et c'est exactement ce genre de lecture — un exercice de pensée davantage qu'une profession de foi.
L'histoire derrière la série mérite d'être racontée telle quelle. Dans la quarantaine, Walsch traverse une période particulièrement difficile — carrière au ralenti, relations en ruine — et décide, un soir, d'écrire une lettre de reproches à Dieu. Ce qui devait rester un exercice cathartique tourne autrement : sa main, dit-il, se met à répondre, presque malgré lui. De cet échange improvisé naît une série qui, tome après tome, élargit son propos : les deux premiers volumes traitent de préoccupations personnelles et planétaires, le troisième s'attaque à des questions plus vastes encore — la mort, la solitude cosmique, l'existence possible d'autres dimensions.
La série a été publiée initialement par Ariane Éditions, une maison québécoise, avant de rayonner à l'international — traduite dans des dizaines de langues, avec le coffret de la trilogie complète encore en vente aujourd'hui. Comme la plupart des livres qui bousculent les cadres établis, elle a aussi ses détracteurs, qui lui reprochent une théologie éloignée des traditions religieuses classiques. Ça fait partie du terrain quand un livre sort de sa case.
Ce qui m'a gardé dans la lecture, ce n'est pas le verdict qu'on porte sur l'origine des réponses. C'est le format lui-même : aucun sermon, aucune structure imposée — juste un homme qui pose, à voix haute, les questions que la plupart d'entre nous gardons pour nous-mêmes. Pas besoin de trancher sur la source pour trouver de la valeur dans les questions posées. Et honnêtement, entre deux dossiers et un lancement de plateforme, ce genre de lecture qui force à ralentir, ça fait du bien — peu importe d'où viennent les réponses.